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De l’art de « mettre une claque à sa grand-mère »


05/02/2010
pour : NA

Toujours bon pour faire twitter, buzzer, et finalement remplir les colonnes de journaux à la masse dans le néant politique savamment entretenu du débat public, les polémiques imbéciles sont incessantes, au point qu'on en viendrait presque à se demander si les effectifs des agences de presse françaises n'ont pas été spécialement renforcées pour ce travail, ce que Marx appelait – en raison d'une expression médiatique unilatérale – « mettre une claque à sa grand mère ».

Certes, parfois la politique s'en mêle, et il est pratique de sauter sur la petite phrase (sport national de notre classe politique si on en croit les médias étrangers ) pour donner prétexte à ce qu'on aurait pas eu le courage de faire en temps normal. Ainsi l'exemple de la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius, telle qu'exposée par ce triste personnage de Frêche. L'appareil du PS s'était à peine formalisé qu'il ait qualifié les Harkis de sous hommes, mais après tout, pour avoir osé défendre leur amour de la France et mourir pour elle, ils ne méritaient sans doute pas l'émoi des socialistes. Il avait fallu une remarque sur les joueurs de couleurs de l'équipe nationale de football, pour provoquer l'indignation, mais quelle merveille de voir que c'est la plus anodine des expressions de la langue française, montée pour l'occasion en injure antisémite envers un homme aux mains rouges de sang contaminé, qui aura permis à Martine Aubry, avec forces unes de quotidiens nationaux, de rayer le nom de Georges Frêche des listes socialistes pour les régionales ( gageons que son score à ce scrutin ne devrait pas se porter plus mal de l'absence de rose sur ses bulletins. )

Le parallèle est frappant alors qu'un ministre, Dominique Busserau, peut se permettre d'utiliser le mot Harkis comme synonyme de « traitres » et s'en tirer avec des excuses, comme si cette remarque était juste légèrement raciste. Aujourd'hui des héros, morts pour la France, sont considérés comme des immigrés algériens de seconde zone, indésirables et que seule l'idéologie anti-raciste protège, considérés comme des traîtres par une république qu'ils ont eu le tord de défendre.

Mais à coté de cette pratique en amateur, soufflé qui semble s'affaisser bien vite, il y a une réelle industrie de la polémique gratuite et des articles idéologiquement bourbeux. J'avais déjà évoqué dans un article conséquent la gargantuesque cuisine mitonnée par les médias français autour d'une déclaration de Benoît XVI au sujet du drame du SIDA sur le continent Africain, déclaration pleine de bon sens et de solutions volontaires pour aider les malades et endiguer ce fléau, ramenée à quelques mots ( tout aussi pleins de bons sens ) sur l'endémique politique de la capote qui – les chiffres sont éloquents – aggrave le problème par la licence des mœurs qu'elle induit avec bien plus d'efficacité que cette artificielle prévention.

Ces derniers jours c'est une véritable avalanche qui s'abat contre l'Église et ses combats, depuis le choix courageux de la nomination de Monseigneur Léonard comme nouveau primat de Belgique, personnalité ferme, en particulier sur les questions éthiques, très décrié par les médias et qui dans son diocèse de Namur a fait un gigantesque travail pour préserver ce qui pouvait l'être alors sous l'autorité de Mgr Dannels en particulier, l'Église de Belgique devenait inexistante dans la vie politique démissionnaire sur la défense de la vie et de la famille, se vidait de ses fidèles et de ses prêtres, les rares ordinations venant de fait, du diocèse de Mgr Léonard.

Ce fut ensuite la polémique « récurrente » de la mémoire de Pie XII désormais vénérable, en dépit de toutes les preuves historiques, la thèse du Pape « silencieux » voire collaborateur du régime nazi est omniprésente dans les médias et a ressurgi brusquement à l'occasion de la visite du Pape aux fidèles Juifs Italiens en la synagogue de Rome. On notera avec une heureuse surprise l'intervention de Bernard-Henry Lévy qui dans un article du point intitulé Servitudes et grandeur de Benoît XVI rend hommage au courage de Benoît XVI et pourfend la désinformation qui entoure la mémoire de Pie XII, reconnu comme juste par de nombreuses personnalités juives d'après guerre, de Golda Meir à Albert Einstein, en passant bien sûr par le grand rabbin de Rome de l'époque, qui par reconnaissance envers le Pape qui lui avait, à lui ainsi qu'à tant de juifs romains, sauvé la vie, allait prendre son prénom au jour de sa conversion au catholicisme.

Aujourd'hui le sujet c'est la visite prochaine du Pape en Angleterre, et le combat qui oppose anglicans et catholiques, en particulier depuis les objectifs fixés à l'occasion de la visite ad-limina des évêques de Grande-Bretagne,à une loi contre les discriminations faisant la part belle à l'égalitarisme des mœurs prôné par la communauté homosexuelle, et dont le but est d'empêcher entre autres les œuvres d'adoption catholiques à refuser l'adoption aux couples gays, à quand l'imposition d'un quota d'homosexuels ou de non-chrétiens dans les séminaires, puisqu'après tout l'Église ne semble plus avoir le droit de protéger sa conception de la famille et de la sexualité en son propre sein, ni de tenter de protéger des enfants de cette conception stakhanoviste de l'adoption d'enfants façon SPA pour combler un manque de compagnie.

Vincent Chalmel

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